Bruce Springsteen: The River (live 1980)

Poésie du prolétariat américain. Un tout grand morceau de bravoure du Boss, que j’écoute comme je lis les nouvelles de Raymond Carver. Le texte de cette chanson pourrait figurer en un recueil de poèmes, ou de nouvelles, du grand écrivain de Yakima, état de Washington; un style “minimaliste” comme décrit pour Carver, et au-delà de ça une profondeur de sentiment, écrin de la vie quotidienne autour du noyau en fusion prêt à exploser d’un narrateur écrasé par la vie. Lisons Carver, c’est magnifique; et écoutons cette chanson; laissons les digues de la rivière exploser en amont et laissons-nous porter le long du courant, entrainé, débordé; laissons le cœur pomper, puis irriguer de tant de beauté.

Je viens du fond de la vallée
Où, monsieur, quand vous êtes jeune
On vous amène à vous comporter
Tout comme votre père l’a fait
Moi et Mary nous nous sommes rencontrés au collège
Quand elle avait juste 17 ans
Nous sommes partis de cette vallée
Pour voir au delà si l’herbe était plus verte

Nous sommes descendus à la rivière
Et dans la rivière nous avons plongé
La bas, dans la rivière nous avons plongé

Et là j’ai mis Mary enceinte
Et, mec, ce fut la fin de l’insouciance
Et pour mes 19 ans
J’ai eu une carte du syndicat et une veste de marié
Nous descendîmes au tribunal
Et le juge a tout réglé
Pas de sourires du jour du mariage
Pas de marche dans l’église
Pas de fleurs pas de robes de mariée

Cette nuit là nous descendîmes à la rivière
Et nous plongeâmes dans la rivière
Nous descendîmes la rivière et firent un tour

J’ai trouvé un emploi dans le bâtiment
Dans la compagnie Jonhstown
mais plus tard le travail vint à manquer
A cause de l’économie.
Maintenant, Monsieur, toutes ces choses qui paraissaient si importantes se sont envolées.
Maintenant j’agis comme si je ne me souvenais pas
Mary fait comme si elle n’en avait rien a faire
Mais je nous revois dans la voiture de mon frère nous baladant jusqu’au barrage, son corps humide et bronzé.
Et la nuit je resté allongé éveillé
Et je la serre contre moi juste pour sentir chacun de ses souffles
Maintenant ces souvenirs reviennent pour me hanter
Ils me hantent comme une malédiction
Un rêve est-il un mensonge s’il ne se réalise pas?
Ou est-ce quelque chose de pire qui m’envoie au fond de la rivière
Même si je sais quelle est asséchée
M’envoie au fond de la rivière…
 Au fond de la rivière ma chérie et moi

(traduction de Ael-Du pour http://www.paroles-musique.com)

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s