Jim Harrison – carnet de route de François Busnel (2012)

-malheureusement le lien vidéo n’est actuellement plus valide, j’espère pouvoir le mettre à jour bientôt-

Une magnifique rencontre de François Busnel, dans l’émission tv La grande librairie (France 5), avec un des écrivains au plus haut de mon panthéon personnel, un de mes héros.

Il s’agit d’une des rares invitations de Jim Harrison en sa résidence d’été, à Livingston, Montana. Nous découvrons donc son bureau de travail, un de ses lieux d’écriture: “Je dois me mettre face à un mur vierge ou à l’extérieur, comme ça mon esprit vagabonde”. Quel privilège de se retrouver en ce lieu secret; quelle joie fébrile de découvrir les totems, et icônes du quotidien de cet immense conteur. Objets-médecine, photographies d’oiseaux ou de Hemingway, puis le fameux portrait Carjac de Rimbaud: “Je l’appelle simplement Artie”. Comme un ami, ou un membre de la famille; la découverte de cette relation intime avec le poète me semble maintenant de la plus parfaite évidence. Ainsi par exemple, le poème Ma bohème de Rimbaud:

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal ;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Peut-être y retrouve-t-on des échos dans quelques errances ou trajectoires de certains personnages, ainsi que dans les décors proposés en l’œuvre de Harrison. Plus loin dans le reportage, s’ensuit une très belle discussion libre et sereine, sur les écrits de l’auteur, sur le traumatisme d’un pays bâti sur des carnages, sur Chien Brun, sur sa vision et sa défense par l’écriture de ce qu’on pourrait nommer les petites gens, avec la volonté d’honorer une fois de plus l’esprit de liberté. L’interview se termine, et Harrison ponctue. “Il faut donner une voix aux gens qui n’en ont pas. Je crois que c’est ça, la responsabilité de l’écrivain”.

On s’est promis, mon meilleur ami et moi, lors d’un futur périple de passer à Livingston pour dire bonjour et présenter nos respects à Jim Harrison. S’il ne nous ouvre pas nous déposerons un colis de présents à son attention; quelques bouteilles et viandes sèches de notre région. Je ne suis pas très curieux, je serais même terrassé par la timidité face à cet homme à qui je trouverais rien à dire, à part que c’est un héros pour moi et que je l’aime, et que suis tombé amoureux de Dalva. Quand bien même, j’irais peut-être un de ces jours. Je suis déjà tellement touché par cette vidéo, par ce superbe carnet de route de Busnel, dont j’ignore tout le travail car je n’ai pas la tv. Merci pour ce partage, c’est un formidable document.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s