Belton Sutherland: Blues #2 (1978)

Autant m’avouer vaincu, j’ignore totalement qui est Belton Sutherland: pouvez-vous m’aider? Si peu d’archives, une poignée de précieux enregistrements vidéo du fond Alan Lomax, toutes enregistrées à la “Maxwell’s farm near Canton, Mississippi”, le 3 septembre 1978.
Alan Lomax, comme son père avant lui, était un infatigable voyageur ayant parcouru l’entier des Etats-Unis (ainsi que plus tard une grande partie du monde) afin de collecter les différentes traditions musicales, qui sont comme des héritages pour nous; découvreur de Leadbelly à la prison d’Angola, ou de Woody Guthrie pour ne citer qu’eux, la compilation de son travail, au delà du folklore dans toute sa richesse, est un monument gigantesque d’histoire(s). Quel carnet de route, selon quels ouï-dire s’est-il arrêté ce jour en la ferme Maxwell? Je ne trouve aucun enregistrement de Sutherland, même après 1978, aucun site sur cette grande toile du web visité ne mentionne ne serait-ce que les dates laconiques bordant l’espace d’une vie: qui est Belton Sutherland?
Un blues envoûtant, mouvant et sinuant comme un serpent, improvisé et libéré; le style tapé du pied, la corde grave ensorcelante et les petites brassées d’arpèges sinueuses rappellent dans un genre acoustique la patte de John Lee Hooker, lui-même ayant grandi dans cette moiteur du Delta du Mississippi avant de conquérir la ville et l’électricité. D’ailleurs, entendez-vous le chant des cigales en harmonie avec la chanson qui se déploie dans la nuit tiède? La pression s’accélère sur le rythme, qui n’est pas dicté par un métronome mais est le pouls, le cœur du chanteur, c’est ici cela qui dicte le pas. L’effet hypnotique agit: nous sommes devant le porche de la ferme, avec les lucioles et les phalènes, captifs de la musique comme si c’était la seule lumière.
Je ne comprends pas très bien cette langue élégiaque, mais je crois la ressentir; c’est une triste histoire d’amour, de séparation, et de ce sentiment intraduisible qui est le blues. This is the blues. Et quel homme pour nous conter l’histoire, quel style et quelle prestance, l’image est totalement hantée.
Mais trêve de mots; je creuserai pour en savoir plus sur Belton Sutherland; en attendant il ne me reste, pour conjurer le silence, qu’à relancer une fois encore cette sublime vidéo.

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2 comments on “Belton Sutherland: Blues #2 (1978)

  1. vincent says:

    Absolument fascinant, une authenticité exceptionnelle. Avez-vous pu trouver d’autres informations sur cet inconnu génial ?

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