Le tireur, de Glendon Swarthout

tireur

C’était novembre, il faisait bien sûr trop froid, trop nuit, et des oiseaux qui m’annonçaient le matin même gris certains étaient partis, certains étaient cachés et silencieux dans la brume. Je me levais une fois de plus trop tôt et déglingué. J’avais des livres dans la sacoche, trois comme souvent, trop comme en ces temps où tout tombe des mains, je n’avais comme rien à lire et j’étais coincé dans ma tête. C’était novembre. Et puis sont arrivés les nouveaux Gallmeister, comme pour dire que quelque chose florissait sous la bruine, merci à vous.

Le tireur est un texte écrit par Glendon Swarthout en 1975, auteur qui n’avait jusqu’alors pas été traduit en français et dont la connaissance par chez nous reposait beaucoup sur le dernier film tourné par Siegel avec John Wayne, the shootist (le dernier des géants), classique de 1976 inspiré par ce livre. Et quel livre! El Paso, 1901, alors que la Frontière atteint bientôt le Pacifique et que la Conquête s’achève, un homme débarque de nulle part sur son cheval, deux peacemakers à la ceinture. Il s’agit de John Bernard Books, le dernier desperado de l’Ouest, la dernière gâchette, âgé d’une cinquantaine d’années et malade d’un cancer de la prostate qui ne lui laisse que quelques semaines à vivre. L’ironie de cette mort à venir pour un homme qui a passé sa vie à la miser sur ses armes.

Alors qu’El Paso se modernise et tourne le dos à son passé mythique, violent, que les premiers tramways apparaissent et que la belle société imprègne ses valeurs, J.B. Books qui tente l’anonymat pour régler ses dernières affaires ne peut échapper à ce qu’il est et à sa propre légende. Un gamin fasciné, des vautours cherchant à se faire un nom sur la gâchette, une belle mais impossible histoire sentimentale, le tourbillon des derniers jours d’un homme déjà anachronisme en ses propres terres ne le laisseront pas mourir dans le dernier lit qu’il voulait se choisir. A vivre par les armes on mourra par les armes, dans un dernier combat.

Alors je l’ai lu dans un train, je l’ai lu chez moi et je le relirai bientôt, car c’est un conte extraordinaire sur la fin de l’histoire et le début de la légende. C’est un texte tendu, crépusculaire, un classique à découvrir maintenant en français. J’espère que d’autres titres de Swarthout seront traduits prochainement, en attendant je pense à Books. Et qu’il repose en paix. Novembre est passé il est loin derrière, les oiseaux sont revenus et je le dois en partie à ce livre.


“Le tireur”
Glendon Swarthout / Editions Gallmeister, 2012

Atmosphère de “Le tireur”:

*Le trailer du Shootist de Siegel

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